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Plongez dans l’univers novateur de Koz Surfboards où passion pour le surf et respect de l’environnement se rejoignent.

Dans cette interview exclusive, explorez comment cette marque repousse les limites de l’innovation avec ses planches éco-responsables en mycelium de champignon.

Retrouvez le témoignage de Thibaut, dirigeant de Koz Surfboards.

La naissance de Koz Surfboards

Bonjour Thibaut, pouvez-vous nous présenter Koz Surfboards ?

Koz surfboards c’est le mariage d’amour entre la passion et les convictions, l’équilibre entre la volonté épicurienne de jouir et la sagesse de préserver. C’est ainsi que, depuis toujours amateurs de sports de glisse et de nautisme, Bretagne oblige, mais aussi très sensibles à la préservation de la nature, nous avons pris un engagement, celui de concevoir des planches de surf éco-responsables.

Pour y parvenir, nous travaillons depuis des années à penser des process de production low tech, intégrant des contraintes industrielles strictes : un faible coût énergétique et le recours à des ressources biodégradables, biosourcées, et non nocives.

L’idée au centre de notre philosophie industrielle est aussi simple à exprimer qu’elle est complexe à faire jaillir dans la réalité de la vie d’une entreprise : remplacer tous les produits issus de la pétrochimie par des matières végétales locales tout en maintenant des standards de performance conformes aux attentes des surfeurs.

Voilà, c’est ça Koz surfboards, de manière synthétique, le paradigme écologique pleinement intégré dans la conception et la production des planches de surf de demain.

Comment est née cette idée novatrice de concevoir des planches de surf à partir de mycelium de champignon ?

Encore étudiant aux Beaux-Arts du Mans, j’étais déjà fasciné par le biodesign. Je rêvais de faire pousser des chaises en bambou.

Une fois mes études achevées, j’ai par pure passion fait de la veille sur les innovations en matière de matériaux. Alors que je me formais à la menuiserie nautique, après une immersion de 15 ans dans le graphisme, j’ai eu la chance de lire un article sur le mycelium. Très vite, une idée a germé dans ma tête : pourquoi ne pas faire du surf le domaine d’évaluation des performances mécaniques, de résistances aux chocs et à l’eau de mer de ce nouveau matériau ! Quelle autre discipline que le surf pouvait se faire le vecteur de l’intégration de la transition écologique dans l’industrie des sports de glisse et du nautisme ?

Le mycelium (les racines de champignon) est une source intarissable d’inspiration et de contemplation : il permet aux plantes de communiquer entre elles, de partager des nutriments, des signaux chimiques et même des informations sur les menaces environnementales. Mais c’est un grand timide, même si rien n’existerait sans lui, il demeure caché… Quel matériau fascinant, avec des propriétés telles que les perspectives d’applications industrielles dans le cadre d’une réelle transition écologique nous paraissent infinies !

Après des expériences professionnelles dans des entreprises de composite, j’ai fait le grand saut avec un défi : faire du mycelium l’alternative écologique à la pétrochimie, penser une industrie du surf libérée des produits polluants.

La fabrication à partir de mycelium de champignon

Pouvez-vous nous détailler le processus de fabrication des planches de surf chez Koz Surfboards ?

Chez Koz, nous ne fabriquons pas des planches, nous les cultivons ! Nous pratiquons une forme d’impression 3D naturelle. Nous plaçons dans un moule des déchets végétaux avec lesquels nous mélangeons du mycelium et après quelques jours d’incubation, les végétaux s’agrègent pour former une planche. Vient ensuite le séchage et le résinage et pouf la planche de demain prête à faire un heureux. 😉

Je précise que, dit comme ça, ça parait simple, mais ça nous a demandé des années de recherche et développement, des milliers d’heures de travail et des doubles nœuds au cerveau !

Nous, au quotidien, on travaille avec du vivant, avec ses aléas et ses imprévus.

On travaille aussi sur un matériau « jeune » dont les applications industrielles et les propriétés intrinsèques sont encore peu connues.

Nous ne sommes qu’au début de la passionnante aventure du mycelium !

L’engagement environnemental Koz

Quels sont les avantages écologiques liés à l’utilisation du mycelium de champignon dans la conception de vos planches de surf, et comment cela contribue-t-il à la durabilité environnementale ? En plus de l’utilisation du mycelium de champignon, comment Koz Surfboards s’engage-t-elle à respecter l’environnement depuis la conception jusqu’à la fin de vie des planches ?

Le mycelium est un élément essentiel de la transition écologique. Figurez-vous que la masse microbienne d’une forêt c’est 60% de mycélium et 30% de la biomasse racinaire. C’est lui qui permet au sol de ne pas glisser, aux plantes de vivre. Sa plus-value dans la conception d’un surf éco-responsable est phénoménale.

Voyez comment cela est amené à fonctionner : nous utilisons des déchets végétaux donc il n’est pas nécessaire que nous cultivions et monopolisions des terres agricoles. Seulement 20 litres d’eau sont nécessaires pour produire une planche standard de type minimalibu. Nous travaillons d’ailleurs à la récupération de cette eau afin de la réutiliser dans le process de production. Le séchage est pensé de façon low-tech, avec un séchoir solaire. Voyez comme la réduction de l’impact écologique peut être pensée à la fois comme objectif et comme impératif.

Comme dit tout à l’heure, les apports industriels du mycelium sont encore à découvrir. Mais les perspectives d’expérimentation sont infinies, les seules limites sont celles de notre imagination. Avec le mycelium, certains font du packaging ou du cuir tandis que d’autres pensent à faire des murs auto-réparant, et même… des microprocesseurs.

Pour en revenir à Koz Surfboards, notre problématique actuelle est celle de la résine. Nous explorons plusieurs pistes pour un process industriel éco-responsable de A à Z.

À terme, il est question que nos moules soient confectionnés en plastique recyclé. Ainsi donnerons nous pleinement corps à l’adage, rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme.

Mycelium de champignon et performance ?

Comment la performance des planches de surf Koz se compare-t-elle aux planches traditionnelles en termes de maniabilité et de réactivité ?

Les planches auront un poids compris entre celui d’une planche industrielle et celui d’un surf en bois, soit pour un minimalibu de 7’, un poids situé entre 5 et 7 kg. Les tarifs seront abordables et équivalents au coût des planches industrielles.

Nous ciblerons donc, à ce stade de notre développement, principalement les surfeurs débutants/intermédiaires, ceux à la recherche d’une planche pour les sessions estivales ainsi que les surfeurs dotés d’une conscience écologique, pas forcément en quête de performance.

Du côté de la sensibilisation

Comment Koz Surfboards sensibilise-t-elle sa communauté à l’importance de choisir des planches de surf et des produits respectueux de l’environnement ?

Pour l’instant, nous sommes focalisés sur la R&D. Mais nous prévoyons d’organiser prochainement des sessions de découverte du mycélium à destination des fablabs et des designers. Il faut que l’écosystème de l’innovation expérimente ce fabuleux matériau. Nous travaillons aussi actuellement sur une tournée estivale des plages et festivals, ainsi que sur des sessions de testing pour faire découvrir la planche auprès du public.

Êtes-vous en collaboration ou en partenariat avec des organisations environnementales ou autres entreprises spécifiques pour renforcer l’approche écologique de Koz Surfboards ?

Tout à fait ! Nous travaillons en partenariat avec le Studio Cartier, un bureau de design spécialisé dans les mycomatériaux basé à Anvers et avec Kerolab, un bureau d’études morbihannais spécialisé dans l’éco-conception.

Ces partenariats sont basés sur le partage d’expériences et de savoir-faire. On stimule l’intelligence collective, dans une ambiance décontractée… L’esprit surf est bel et bien là. 😉

Les réactions de la communauté Koz Surfboards

Avez-vous des retours de la part de votre communauté de surfeurs sur l’expérience d’utilisation des planches et leur engagement envers la durabilité ?

Malgré les soucis inhérents aux phases béta des processus d’innovation (design non définitif, poids non encore optimisé…), les premiers retours sont très positifs.

Comme indiqué précédemment, notre boussole principale n’est pas la performance stricto sensu. Notre ambition est ailleurs et nous ne nous sentons pas seuls dans cette grande et belle aventure.

Ce qui ressort des premières présentations publiques c’est que les gens adhérents à la philosophie, au projet Koz : faire pousser des planches de surf ! La nature est d’une fascinante complexité. Le monde mycélien ne demande qu’à être exploré. Cette exploration, nous n’allons pas la mener seuls mais avec les surfeurs !

Les projets futurs

Quels sont les projets futurs de Koz Surfboards en terme d’innovation écologique et comment envisagez-vous de continuer à évoluer pour rester à la pointe de la durabilité dans l’industrie du surf ?

Notre premier objectif est de produire des prototypes fonctionnels pour l’été 2024. Pour faire advenir un projet d’innovation, il ne faut pas brûler les étapes. Comme la nature, l’innovation jouit de sa propre temporalité. En multipliant les techniques mécaniques, en dupliquant les phases de testing, en creusant la recherche et en procédant à une veille scientifique de qualité, nous sommes sûrs de placer Koz dans le temps long de l’innovation écologique.

Dans l’innovation comme dans le surf, nous ne sommes pas focalisés sur la performance. Être reconnus comme des fournisseurs de solutions low tech et bienveillantes pour notre environnement nous suffirait amplement.

N’hésitez pas à suivre Koz Surfboards sur Instagram pour voir de vos yeux l’évolution du projet et connaître les dates et les lieux de tournée estivale à venir.

 

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